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Jacky Craissac

"La genèse de mon œuvre, c’est ma naissance, mon héritage ancestral et mon chemin. C’est le son et le culte de mes ancêtres. Cela avec le temps de vie qui m’est donné." Jacky Craissac.

Il attendait avec bonheur le moment où le Conservatoire de Bordeaux allait lui dédier, en tant qu'artiste invité, une Nuit de la Création, le 10 avril prochain au CAPC Musée d'Art Contemporain de Bordeaux. Cet événement aura lieu mais Jacky Craissac n’y sera pas présent car il s’en est allé lundi 15 février dans la nuit.

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Vidéo J.Craissac


Sud Ouest, Un maître des percussions et de la sonorité, le 17 février 2010

 


Eric,
le 17 février 2010
 
"Jacky Craissac était un homme exceptionnel, comme on en rencontre une fois dans sa vie, si l'on a de la chance.
Il a laissé derrière lui une lumière éblouissante, et ceux qui l'ont côtoyé savent à quel point il a pu donner de sa personne aux êtres avec qui il était en contact.
Sa musique était une énergie créatrice pure, et le simple fait de la recevoir transformait intérieurement ses auditeurs le temps d'un concert, et plus pour certains.
Il a été un professeur pour les uns, un musicien pour d'autres, un maître pour quelques uns comme moi.
Son passage vers un autre monde spirituel, ou il est actuellement très heureux, nous laisse le cœur serré.
J'aurais tant aimé lui dire au revoir, lui dire ô combien il a pu enrichir le cours de notre existence.
Jacky Craissac, mon ami, mon maître, je remercie le destin de m'avoir fait croiser ton chemin.
Que le soleil reste ton allié dans la paix où tu repose, pour l'éternité."
 
 

 JEAN-BERNARD COUZINET,

Le 17 FEVRIER 2010

" CHER JACKY,

 J’APPRENDS A L' INSTANT TA DISPARITION.

TU AS MENÉ UN TERRIBLE COMBAT DE RECONNAISSANCE INSTITUTIONNELLE ET TU Y ES ARRIVE SUR LE FIL !!

TA GOUAILLE ET TON VERBE DÉRANGEAIENT, TANT PIS POUR EUX !

MAIS TON TRAVAIL DE RECHERCHE INSTRUMENTALE, SONORE ET MUSICALE SERA POUR LONGTEMPS D'AVANT- GARDE. 

CHACUN  SE SOUVIENT COMBIEN TU NOUS AS AIDES A TROUVER NOTRE PROPRE DIALOGUE AVEC LA MUSIQUE, AVEC NOTRE PROPRE MUSIQUE ENFOUIE FAITE DE DÉCOUVERTE OU DE RÉCONCILIATION.

MAINTENANT ÉVIDEMMENT LES ÉLOGES VONT FLEURIR MAIS TU N’ES PLUS LA POUR LES RECEVOIR. CE N’EST PAS GRAVE, CEUX QUI T’ONT CONNU ET AIME N’ONT PAS BESOIN DE CETTE MASCARADE POUR CONTINUER A VIVRE MIEUX AVEC CE QUE TU LEUR AS TRANSMIS."

 


Lucie,

Le 17 février 2010

  " Nous nous étions connus il y a des années, tu m'avais surnommée Bigoudi ....comme ça, un mot qui t'était venu instinctivement et qui m'est resté jusqu'à ton départ. 
Nous nous sommes croisés plus tard  et retrouvés. Tu as toujours été un homme passionné, lumineux, tendre, violent et riche dans tes sentiments, hors norme et magnifique.

Tu as été d'un grand soutien à un moment pénible de ma vie ......un soleil.

Je suis heureuse de t'avoir connu."

 


Philippe VEILLON

Président du Jardin des Asphodèles,                                                                     le 17 février 2010

"Perte douloureuse que cette disparition.
Quand tu avais le temps, tu passais dans les expositions que nous organisions avec le jardin des asphodèles. Tu vas nous manquer Jacky et puisque tu t'en es allé vers un autre monde, saches simplement qu'il y aura toujours une place pour toi dans nos expositions.
A Dieu et à un de ces jours."
 
 


Victor Coletta, batteur Jazz

le 19 février 2010

 "Bien cher Jacky,

On ne se connaissait pas très bien, on s’était rencontré lors d’une soirée concert dans un grand hôtel à Bordeaux, dans les années 80…Je travaillais à ce moment là avec un organiste orgue H B3 , Mike Aldin qui nous  parlait beaucoup de toi …en bien. Et puis, j’ai écouté ta musique, j’ai  entendu quelques unes  de tes paroles aussi… Je t’ai rejoint dans ta pensée sans détour, sans faille …toi  l’anachorète  de Gironde Salut. "

 


Jean-Christophe Dedieu

le 10 février 2010

 "Merci Jacky de m'avoir fait prendre conscience de mon goût pour le rêve et la musique.

Comme disait Léo :"Le rêve gueule à ne savoir qu'en faire".

Moi, mes rêves, ils m'aident à vivre, mais je n'ai pas surmonté les sacrifices nécessaires pour les réaliser.

J'espère que je pourrais vous en parler dans une autre vie." 

 


 Marie-Ange,

le 19 février 2010

" Le temps des larmes est révolu, place à la joie!

Jacky Craissac a quitté cette terre mais son esprit est dans l'espace avec le Son qui l'a guidé toute sa vie.
Cette joie intérieure, c’est lui qui me l'a transmise, par son amour inconditionnel, son acceptation.
Il va continuer à me guider, si je veux bien laisser mon cœur ouvert et à l'écoute! "

 


 Fred LEBLANC,

Conteur "debout" depuis la rencontre avec Jacky!

Le 22 février 2010

  " Pour Jacky, juste ce chant navajo!

" Dans la beauté j’avance

Précédé par la beauté j’avance

Suivi par la beauté j’avance

Auréolé par la beauté j’avance

Auréolé et soutenu par la beauté j’avance

Cela se termine en beauté

Cela se termine en beauté "

"Chant de la nuit " Navajo

J'ai eu la chance insigne de croiser son chemin. Le sien est de lumière maintenant! Le jour de son départ, alors que l'hiver était encore présent, il a fait un soleil splendide et une douceur extrême sur Lyon où j'étais...juste le temps d'un départ.

Merci à toi Jacky. "

 


Gilles Kerpen,

 le 01 mars 2010

 "J’ai fait la connaissance de Jacky Craissac, il y a quelques années lors d’un stage sur le son qu’il proposait. Je l’ai revu ensuite quelques rares fois. Je le connaissais finalement peu et pourtant il m’était proche.

Jacky Craissac était un homme que j’avais envie de découvrir et de faire découvrir. De ma vie, je crois n’avoir jamais rencontré une personnalité aussi singulière. Il était discret mais d’une incroyable humanité.

Il m’a fallu quelques années pour comprendre ce qu’il s’était passé durant ce stage. Des années pour saisir la portée de cette expérience vécue de l’intérieur. Ce que j’avais entendu durant le stage n’était pas de la musique, encore moins celle de Jacky Craissac, ce n’était pas non plus des sonorités inouïes qui jaillissaient de ses incroyables instruments. Ce que j’avais entendu, c’était tout simplement Le Son.

Jacky Craissac était à ce point sensible qu’il était capable de ne plus “toucher” ses instruments afin de (dé)livrer Le Son.

Mais Le Son n’est que le Sésame qui permet d’accéder aux vibrations “vivantes”.

Avec Jacky Craissac, on n’écoutait pas la musique, on entrait dans la Vie, dans l’intimité vibratoire de la vie.

La luminosité de Jacky et les vibrations sonores qu’il faisait partager m’ont fait beaucoup de bien.

Je n’ai rien oublié de l’enseignement de cet homme si bon ni des sensations physiques du Son.

Pour moi Jacky est toujours là. Je l’aimais beaucoup mais je ne suis pas triste."

 


Jean Michel Achiary,

le 01 mars 2010

" Salut à toi mon Frère de Chemin,

A chaque fois le plaisir de te rencontrer était là.

Ton âme est là, je la sens encore vivace comme un nerf qu’on n’arrive pas à dévitaliser, comme un air de tambour d'acier, comme une cymbale qui coupe le tempo et qui trouve le swing.

Mon frère de Chemin, je me souviens et  t'envoie milles colombes pour t'accompagner sur l'autre versant de la vie.

Milles baisers d'amitiés."

 


Philippe Walter, pianiste

Le 01 mars 2010

"Jacky Craissac a donné au monde une musique hors du temps qui commence  il y a 50 000  ans avec le son des premiers musiciens qui célèbrent les éléments.

Cette musique comme une voie royale s’étire vers le futur bien au-delà de notre musique contemporaine.

Il nous parle de musique de l’instant, la seule en résonnance avec l’univers.

Celle qui ouvre la porte de la dimension du cœur et de l’éternité.

 La musique ne peut être séparée de l’homme et c’est dans sa dimension humaniste, que l’œuvre de Jacky Craissac se pose, emplie de sentiments elle va vers les autres.

Elle cherche l’âme pour lui dévoiler les beautés d’un monde invisible que l’on nomme … Paradis.

 Nous avons besoin que sa musique et son enseignement perdure.

Ayant connu Jacky trop tard pour pouvoir concrétiser un projet commun, je voudrais ardemment jouer pour sa mémoire. "

 


 Christian Merlette,

le 08 mars 2010

" Entre fil et distance.

1976, 1977, je chantais quasiment chaque soir d'hiver à la Cour des Miracles, lieu utile et unique de la chanson à Bordeaux durant ces années : merci Nabos !!!  Et certaines nuits, le tambour africain de Jacky Craissac résonnait de nos bœufs d'après boulot, près de la cheminée. Enigmatique et sans mots, Jacky arrivait, jouait, nous embarquait et repartait, jusqu'à la prochaine.

Au moment d'un trente trois tours, nécessaire dans ces moments d'autoproduction, de MJC diverses et de décollage du Printemps de Bourges, j'ai tout naturellement demandé à Jacky de participer à l'enregistrement. Il m'a répondu qu'il ne faisait jamais cela mais un matin, il a débarqué au studio de Cartelègue dans son bus VW... une seule prise sur tous les morceaux... un repas... et au revoir. Il était venu, m'a t'il dit, parce que ce que je faisais était différent des autres et que j'étais, aussi, différent.

 Depuis, j'ai toujours un peu tenu le fil : rue Porte Dijeaux dans sa salopette/tenue de cosmonaute violette... chez un ami commun au marché de Piraillan... spectateur de deux de ces performances inoubliables... au détour de rendez-vous culturels... et le temps passait.

 A la fin d'une de ses performances dans une salle bordelaise du côté de St Christoly, il m'est apparu alors que j'allais le saluer, que chacune des gouttes de sueur de son visage, de ses bras et de son torse étaient rosies de traces de sang. Poétiquement, j'y ai vu un état mêlant épuisement et fusion totale avec sa musique. Peut-être les stigmates du duende : qui sait ?

 Après des années, je me suis remis à écrire mon chemin poétique et c'est à Jacky Craissac que je pensais pour une performance commune. C'est raté !

 Aujourd'hui, je veux témoigner de mon profond respect pour le créateur de sons. Sans le son pas de mots ; sans les mots pas d'humain. Oserais-je écrire que le lendemain de ses obsèques, un arc-en-ciel m'est apparu à Ayguemortes les Graves, au nom presque manouche et le surlendemain, rebelote sur la route de Madrid. A Ayguemortes, je me suis trouvé aussi con que content de murmurer : "Jacky, c'et toi !".

 Entre le fil tenu qui me semble bien mou rétrospectivement et la distance entre nous que je n'ai pas pris le temps de franchir je me dis que, décidément, il y a souvent mieux à faire. Chercher, comprendre, créer, échanger, partager, avancer, participer au grand son du monde et de la vie. Voilà ce que m'enseigne à ce moment précis Jacky Craissac.

 Si un jour, le grand hommage que nous lui devons lui était rendu, merci à ses proches de m'y faire participer."